Plusieurs réalisateurs et producteurs indépendants sont en danger !

Que se passe-t-il ?

Dans un monde devenu ultra connecté, la production audiovisuelle est exposée à une concurrence sévère. Pour faire connaître leurs travaux, les producteurs et les réalisateurs indépendants s’efforcent de créer des contenus originaux. Seulement, comment innover dans la production audiovisuelle de nos jours ? La créativité et l’originalité sont rendus plus difficiles que jamais.
La créativité est mise à une place centrale pour attirer de nouveaux abonnés ou obtenir un maximum de vues sous une vidéo postée sur YouTube ou tout autre plateforme du genre. Les productions audiovisuelles indépendantes se retrouvent censurées par un système de diffusion filtré.
Par exemple, vous recevez des suggestions de vidéos à visionner sur YouTube ou dans votre catalogue Netflix. Si les nouveautés sont mises en avant, en est-il de même pour les créations vraiment originales ?
Les algoryhtmes de filtrages ou de suggestions sont-ils suffisemment neutres pour ne pas pénaliser la création d’un vidéaste ou d’un réalisateur indépendants ?

Quel impact ?

Ces systèmes mis en place introduisent de fait une division entre producteurs/réalisateurs et diffuseurs des contenus (pour les plateformes de streaming).
De plus, l’externalisation de la production permet d’accroitre le nombre de programmes produits et leur diversité. L’objectif est de renouveller continuellement le catalogue en ligne avant que le filtrage opère une sélection selon vos préférences. C’est à dire, un choix algorythmé pour mettre en avant tel programme vidéo plutôt qu’un autre, ce qui contribuera à lui donner plus de valeur.

Les chaines de télévision traditionnelles opèrent ce même résultat à travers leur grille de programme. Nous n’avons donc jamais connaissance du contenu total produit. Nous ne savons rien en ce qui concerne le nombre réel de programmes disponibles. Combien de productions audiovisuelles peuvent être ignorées chaque année par le grand public ? Combien de réalisateurs ou producteurs de programmes ne sont jamais connus ou reconnus de leur travail ?

Tous les ans, un nombre importants de programmes sont produits et une partie seulement sera proposée au public. Cette sélection est soumise à la rentabilité financière que le diffuseur peut obtenir en retour.

La relation commerciale entre le producteur/réalisateur et le diffuseur n’est donc pas forcément équitable. Le première objectif est de pouvoir répondre à la demande du public suceptible d’être intéressé par ce programme. La créativité est donc opposée à la demande. Cette notion de créativité s’est peu à peu transformée en originalité. Par exemple, des appellations comme YouTube Originals ou Netflix Original ont vu le jour pour suciter la nouveauté, qui commercialement n’est qu’une exclusivité du programme sur la plateforme ou le canal de diffusion concerné.

Un programme exclusif bénéficiant d’un avantage stratégique et commercial à travers une sélection opérée par le diffuseur (et une suggestion de programmes pouvant plaire à l’utilisateur). Une objectivité floutée et liée par un accord commercial de production qui profitera aux sociétés de production habituées avec ce même diffuseur. Un cercle vertueux pour certains partenaires, une censure pour d’autres.

Les programmes bénéficiant d’appel d’offre, contrairement aux idées reçues de la proposition spontanées, profitent prioritairement aux producteurs et sociétés de production déjà installés et qui ont connaissance des moyens (techniques et financiers) et des conditions de réalisations (temps de production) dont dispose le diffuseur.

La création audiovisuelle repose donc sur un terrain commercial dicté par la demande public et les besoins du diffuseur. Cet accord commercial impose la sélection d’une partie des nouveaux programmes proposés par les réalisateurs/producteurs indépendants. Un filtrage remettant en cause la possibilité d’être diffusé et par conséquent un enjeu pour leur carrière puisqu’il repose sur le succès (ou non) de leurs programmes/productions.

La production audiovisuelle souffre aujourd’hui d’un filtrage impactant les productions créatives et originales. Pour exister, réalisateurs et producteurs doivent accepter les conditions du diffuseur. Seulement, le consommateur n’a qu’une partie du catalogue (des créations), et par conséquant le public ignore l’existance des autres programmes, c’est-à-dire la totalité des contenus proposés innovants, créatifs et originaux qui pourraient lui plaire. L’accessibilité des programmes (TV, tablette, smartphone, etc) laisse croire en la disponibilité totale d’un catalogue restreint, filtré et sélectionné par le diffuseur.

Je serais très intéressé de connaitre le nombre de réalisations/programmes n’ayant jamais été diffusés. Certainement une quantité effrayante (tout comme la perte d’argent en conséquence).

Y-a-t-il une solution ?

Qu’il s’agisse d’une chaine de télévision ou d’une plateforme de vidéos à la demande, les réalisateurs et producteurs ont aujourd’hui tout intérêt à devenir leur propre diffuseur (ce qui ne devrait pas être très difficile). Il suffit d’intégrer à leur site web leurs programmes en accès payant (sous forme d’abonnement ou de location de visionnage) pour qu’ils puissent devenir maîtres de leurs créations originales. Seulement, leur souci depuis leur site web hébergé, est de ne pas pouvoir rivaliser devant les majors du streaming en matière de visibilité sur le web. Découragés par la tâche collosale que demande un bon référencement et l’opération marketing en ligne d’une telle mise en visibilité, les sociétés de production ont besoin d’une solution clef en main, d’une mise en place plus rapide et acceptent les règles de diffusion qui leurs sont imposées.

Élargissez vos recherches, fouinez le web. Beaucoup de producteurs et réalisateurs semblent apprécier Vimeo pour diffuser leurs productions. De superbes réalisations indépendantes (sous visionnage en location, à l’achat ou abonnement) sont disponibles et pour 90 % d’entre elles inédites à la télévision !